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Servir l'humanité grâce à l'éducation

Écrit par Fethullah Gülen on . Publié dans M. Fethullah Gülen et L'education

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l'on ne peut garantir une existence nationale qu'en protégeant les traits distinctifs de chaque nation. Dans une mosaïque de nations et de pays unifiés, ceux qui ne peuvent pas protéger leurs singularités, leurs motifs et leurs dessins uniques, disparaîtront. Comme pour toutes les autres nations, nos caractéristiques essentielles sont la religion, la langue, l'histoire et la patrie. Ce que Yahya Kemal, célèbre poète et écrivain turc, a exprimé avec une profonde nostalgie dans Les quartiers sans appels à la prière est notre culture et notre civilisation qui ont été apportées par l'islam et l'Asie Centrale, et pétries pendant des siècles en Anatolie, en Europe et même en Afrique.

Un dicton populaire dit à peu près: «Voisin aura besoin jusqu'aux poussières de son voisin». Si vous n'avez absolument rien, pas même des choses insignifiantes dont d'autres auraient besoin, personne ne vous accordera d'importance. Comme nous l'avons dit plus tôt, nous avons plus à donner à l'humanité que nous n'avons à prendre d'elle. Aujourd'hui, des organisations bénévoles ou non gouvernementales ont créé des compagnies et des fondations, et servent les autres avec beaucoup de ferveur. L'acceptation massive de nos institutions scolaires qui se sont propagées à travers le monde, malgré les grandes difficultés auxquelles elles ont dû faire face, et le fait qu'elles aient pu rivaliser, voire surpasser, de semblables institutions occidentales en un temps record, prouve que ce que nous avons dit est indéniable.

En tant que peuple turc, nous avons accumulé de nombreux problèmes durant ces derniers siècles. A leur base résident notre concentration inappropriée sur la façade extérieure de l'islam et notre négligence des trésors qu'il recèle à l'intérieur. Plus tard, nous nous sommes mis à imiter les autres et à présumer qu'il y avait un conflit entre l'islam et les sciences positives. Nous avons agi ainsi en dépit du fait que les sciences ne sont rien de plus que les découvertes des lois de Dieu qui manifestent Ses Attributs de Pouvoir et de Volonté et qui sont une expression différente du Coran venant de l'Attribut Divin de la Parole. Cette négligence, en retour, a conduit au despotisme dans le savoir, dans la pensée et dans l'administration; un désespoir menant au chaos embrassant tous les individus et les institutions; une confusion dans notre travail; et l'insouciance vis-à-vis de la division du travail.

En bref, nos trois plus grands ennemis sont l'ignorance, la pauvreté et les divisions internes. Le savoir, le capital-travail et l'unification peuvent combattre ces fléaux. Comme l'ignorance est le problème le plus grave, nous devons le combattre avec l'éducation, qui a toujours été le moyen le plus efficace de servir notre pays. Et maintenant que nous vivons dans un village planétaire, c'est assurément le meilleur moyen de servir l'humanité et d'établir le dialogue avec les autres civilisations.

Mais avant tout, l'éducation est un service humain, car nous avons été envoyés pour apprendre et pour nous parfaire à travers l'éducation. En disant «L'ancien état des choses est impossible; soit un nouvel état, soit l'annihilation», Bediüzzaman a attiré notre attention sur des solutions et sur le futur. En ajoutant que «les sujets à controverse ne doivent pas être discutés avec les chefs spirituels chrétiens», il a ouvert la voie au dialogue avec les membres des autres religions. A la manière de Djalal ad-Din ar-Rumi qui a dit «L'un de mes pieds est au centre et l'autre est dans soixante-douze royaumes (les peuples de toutes les nations) comme une boussole», Bediüzzaman a tracé un grand cercle qui comprend tous les monothéistes. Sous-entendant que le temps de la force brute est dépassé, il a dit: «La victoire avec les gens civilisés se gagne par la persuasion», faisant ainsi remarquer que le dialogue, la persuasion et la discussion appuyés par des preuves sont essentiels pour ceux d'entre nous qui cherchent à servir la religion. En avançant que «dans le futur, l'humanité se tournera vers le savoir et les sciences, et dans le futur la raison et les mots gouverneront», il a encouragé le savoir et la parole. Enfin, mettant de côté la politique et l'implication directe dans celle-ci, il a tracé les lignes directrices du vrai service religieux et national à cette époque et dans le futur.

A la lumière de tels principes, j'ai encouragé les gens à servir le pays en particulier et l'humanité en général, par le biais de l'éducation. Je les ai appelés pour qu'ils aident l'Etat à éduquer et à élever les gens en ouvrant des écoles. C'est par l'éducation que l'on triomphe de l'ignorance, par le travail et la possession de capital qu'on vainc la pauvreté, et par l'unité, le dialogue et la tolérance qu'on met fin au séparatisme et à la division interne. Cependant, comme tous les problèmes dans la vie humaine dépendent surtout des êtres humains eux-mêmes, l'éducation est le véhicule le plus efficace, que l'on ait un système social et politique paralysé ou au contraire un système qui fonctionne avec la précision d'une horloge.

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