Exemption de tout défaut mental ou physique

Tous les théologiens musulmans conviennent que les Prophètes sont exempts de tous défauts, physiques ou mentaux. En plus d'être extraordinairement attirants de par leur personnalité et leur comportement, ils étaient aussi plein de grâce et de charme dans leur apparence externe. Ils étaient parfaits dans leur structure physique, beaux et bien bâtis.

Anas rapporte que le Messager de Dieu était le plus bel homme qui fût. Jabir ibn Samura remarque: «Une nuit durant la pleine lune, alors que nous étions assis à la mosquée, le Messager de Dieu entra. Je regardai d'abord la lune brillante, puis son visage. Je jure par Dieu que son visage était plus brillant que la lune.»[1]

Les Prophètes doivent être exempts de tous défauts physiques, car il ne faut pas que leur apparence repousse les gens. Expliquant la sagesse divine qui se cache derrière la durée de vie de 63 ans du Messager de Dieu, Said Nursi écrit:

Les croyants sont religieusement obligés d'aimer et de respecter au plus haut point le Messager de Dieu, et de suivre chacun de ses commandements sans éprouver la moindre aversion envers un quelconque aspect de sa personne. C'est pour cette raison que Dieu ne lui permit pas de vivre la période difficile et souvent humiliante de la vieillesse, et l'envoya à la «plus haute demeure» quand il avait 63 ans. Telle était la durée de vie moyenne des membres de sa communauté, faisant de lui un exemple également dans ce domaine.[2]

Les afflictions de Job

Bien que cette caractéristique soit commune à tous les Prophètes, de fausses histoires concernant Job et Moïse, qui ont été empruntées à des sources israélites ou qui sont de mauvaises interprétations coraniques, se sont infiltrées dans les exégèses coraniques.

Dans un hadith, le Messager de Dieu dit: «Les Prophètes passent par les épreuves les plus dures; c'est eux que les plus grands malheurs frappent. Puis viennent les autres croyants; plus ferme est leur foi, plus grands sont leurs malheurs.» Le Prophète Job est ainsi loué dans le Coran: Nous l'avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur! Sans cesse il se repentait. (38:44) Comme on peut en déduire des versets coraniques et comme le mentionne la Bible, il fut atteint d'une maladie de la peau qui lui causait des plaies douloureuses de la tête aux pieds (Job 2:7). Influencés par quelques récits israélites, certains commentateurs coraniques ont ajouté que des vers vivaient dans ces plaies ou ces abcès, et que l'odeur qui en résultait faisait fuir les gens.

Ces ajouts n'ont aucun fondement. Si les gens l'avaient effectivement quitté, ce devait être dû à la pauvreté dans laquelle il tomba plus tard dans sa vie. Au début, Job était un serviteur riche et reconnaissant de Dieu; mais plus tard, il perdit sa richesse et ses enfants. En tant que Prophète, il n'avait pas pu avoir une apparence repoussante ou dégoûtante, sans même, au moins, avoir son visage épargné par les plaies. De même, son corps n'avait pas pu émettre d'odeur écœurante.

Contrairement au récit biblique selon lequel il aurait maudit le jour de sa naissance (Job 3:1) et Dieu Lui-même ouvertement (Job 7:20-21), et se prétendrait plus juste que Dieu (Job 32:2), Job endura ses afflictions pendant des années sans jamais se plaindre. Il pria: "Le mal m'a touché. Mais Toi, Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux!" (21:83) Dieu répondit à sa prière et retira son affliction, et enleva le mal qu'il avait, lui rendit les siens et autant qu'eux avec eux. (21:84)

Le défaut d'élocution de Moïse

Le Coran déclare que Moïse, après avoir reçu l'ordre d'aller auprès de Pharaon, supplia: Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langue, afin qu'ils comprennent mes paroles. (20:25-28) Certains commentateurs, influencés par les sources israélites et interprétant mal la supplication de Moïse, ont avancé qu'il avait un défaut d'élocution. Ils disent que Moïse, enfant, tira un jour la barbe de Pharaon. En colère, Pharaon voulut le faire tuer. Mais sa femme, essayant de sauver l'enfant, demanda à Pharaon de le tester pour voir s'il était apte à être jugé, et sinon de décider en sa faveur. Apportant une balance, ils mirent un morceau d'or sur l'un des plateaux et de la braise sur l'autre. Moïse mit la braise dans sa bouche, ce qui le rendit bègue. Ainsi, selon ces interprétations, Moïse demandait dans ce verset à Dieu de retirer son bégaiement.

Une histoire inventée ne saurait servir de base à l'interprétation d'un verset coranique. Si Moïse avait eu un tel défaut d'élocution, il aurait dû prier pour que le nœud - et non pas un nœud - soit défait. Ce que Moïse demandait de Dieu était un plus grand talent pour exprimer clairement le Message divin en présence de Pharaon, car il n'était pas aussi éloquent que son frère Aaron. (28:34; Exode 4:10)

Pour conclure, tous les Prophètes étaient à la fois physiquement et mentalement parfaits. Peu importe ce que d'autres prétendent, il n'y a jamais rien eu dans leurs vies qui suggère le moindre défaut. Toutefois, certains d'entre eux ont pu être supérieurs à d'autres à certains égards: Parmi ces messagers, Nous avons favorisé certains par rapport à d'autres. Il en est à qui Dieu a parlé; et Il en a élevé d'autres en grade. (2:253) Le Prophète Mohammed est supérieur à eux tous en vertu du fait qu'il est le dernier Prophète envoyé à l'humanité et aux djinns. Aussi sa mission n'était-elle pas limitée à un peuple donné et à une époque donnée; au contraire, elle s'adressait à tout le monde et demeure valide encore aujourd'hui et jusqu'à la fin des temps.


[1] Suyuti, Al-Khasa'is al-Kubra, 1:123; Hindi, Kanz al-'Ummal, 7:168
[2] Nursi, The Letters, 2:84-85

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